Il y a 80 ans, le 23 septembre 1939, Sigmund Freud mourait en exil à Londres, à l’âge de 83 ans.

C’est l’occasion d’évoquer deux questions essentielles pour qui s’intéresse à l’intérêt de sa pensée du point de vue théologique : celles de la validité de la psychanalyse et de sa compatibilité avec la foi.

La validité de la psychanalyse

« Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d’observations et d’expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d’autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel » …

… écrivait Freud dans son Abrégé de psychanalyse (1938), peu de temps avant sa mort.

Cela n’a pas empêché que sa validité soit régulièrement contestée, en particulier depuis l’essor des sciences cognitives et des neurosciences.

Dans cet article très éclairant d’Antoine Vergote, on trouve une excellente argumentation en faveur de la validité de la psychanalyse :

« L’écoute de la parole en libre association dans la situation analytique, constitue une technique d’observation originale et ses résultats ne sauraient pas être vérifiés ou falsifiés par d’autres procédés ».

« ce n’est ni aux autres psychologues, ni aux analystes du langage ordinaire, ni aux phénoménologues qu’il appartient d’examiner la validité scientifique de la psychanalyse. Pareille tâche revient à l’épistémologue qui, en se plaçant à l’intérieur de la démarche psychanalytique, examine le rapport entre la préconception hypothétique, la mise en œuvre de la technique qui s’en inspire, la collecte des observations, la construction des concepts théoriques interprétatifs, les nouvelles observations que ces dernières rendent possibles. Cet immense travail ne peut évidemment pas se faire en une heure de temps »

Voir aussi :

Compatibilité de la psychanalyse avec la foi :

« Si l’on peut tirer de l’appli­cation de la mé­tho­de psy­chana­ly­tique un argument nou­veau contre la teneur en vérité de la religion, tant pis pour la reli­gion, mais les défenseurs de la religion auront le même droit à se servir de la psychanalyse pour apprécier pleinement la signification affective de la doctrine religieuse. Et maintenant, pour aller plus avant dans la défense ; la religion a manifestement rendu de grands services à la culture humaine, elle a beaucoup contribué à dompter les pulsions asociales, mais pas suffisamment. », Sigmund Freud, L’avenir d’une illusion, 1927, dans Œuvres complètes, t. 18, p. 178

Sur la neutralité de la psychanalyse à l’égard de la religion, malgré l’athéisme de Freud, voir en particulier

Compléments