Dominique Salin, théologien jésuite, dans un article désormais disponible gratuitement en ligne, explique comment et pourquoi l’Église, après une période de méfiance, s’est ouverte à la psychanalyse. Il expose ensuite sa conception, très juste et équilibrée, des rapports entre le spirituel et le psychologique. À propos des risques d’emprise psycho-spirituelle, il renvoie notamment aux p. 124-114 du Livre noir de l’emprise psycho-spirituelle. 

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Extraits de l’article de Dominique Salin (« Du spirituel et du psychologique », Études, 418 [2013] 197-210) :

S’il faut refuser tout clivage, tout dualisme qui séparerait radicalement le spirituel et le psychologique, il faut néanmoins prendre au sérieux la différence des points de vue pour éviter de sombrer dans des confusions dangereuses. […] il y a aussi des guérisons dont il faut apprendre à guérir, parce qu’elles sont l ‘œuvre d’une idole ou d’un Dieu magicien plus que du Dieu de Jésus-Christ.

La vraie santé, en effet, comme la « grande santé » selon Nietzsche, est compatible avec la maladie du corps et de l’esprit. On peut être dépressif inguérissable et bon disciple de Jésus ; psychologiquement délabré et vrai ami de Jésus et des hommes. La confusion du psychologique et du spirituel peut ancrer dans un besoin religieux aliénant, qui n’a plus grand-chose à voir avec le désir de salut et de la liberté spirituelle qu’apporte le Christ. […]

Il faut respecter la différence des points de vue parce qu’elle est indépassable dans nos vies. Il y a des moments où je peux faire une relecture entièrement « psychologique » de ma vie : tous mes choix cruciaux, toutes mes limites et tous mes échecs peuvent recevoir, si j’essaie d’être honnête avec moi-même, une explication psychologique. C’est généralement, d’ailleurs, dans les moments où la dépression n’est pas loin qu’on se livre à ce genre d’exercice : oui, c’est bien moi, j’ai toujours fait les mauvais choix, j’ai tout faux, je suis nul, je ne m’en sortirai jamais. Mais il est d’autres moments où je n’en reviens pas d’avoir franchi tel obstacle, de m’être tiré de telle difficulté, de la joie qui m’habite ; et où je me dis, en considérant mon même passé : ce n’est pas possible, j’ai été mené ! Les deux lectures sont également fondées. […]

Tout accompagnateur ou leader spirituel doit s’interroger sans complaisance sur les motivations secondaires qui l’ont poussé à accepter, voire à rechercher, la posture de maître spirituel. Comme le psychothérapeute est supposé le faire de son côté. Qu’est-ce qui peut se cacher derrière ce désir de la position de surplomb ? 

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