Accompagnement spirituel et psychanalyse
Violences sexuelles dans l’Église catholique et psychologie (2)

Quelle lumière et quelle aide la psychologie peut-elle apporter aux personnes victimes de violences sexuelles dans l’Église catholique et à celles qui veulent les entendre et les aider ? À cette question d’une terrible actualité, la psychothérapeute Isabelle Chartier-Siben, médecin et victimologue, présidente de « C’est à dire », association d’aide aux victimes, nous aide à répondre par un ensemble de conférences et interviews, disponibles en vidéo ou sous forme écrite : audition par la CIASE, conférence lors d’une session de la CORREF, participation à un documentaire sur les abus, articles du journal La Croix, etc.

Voici une sélection de ces précieuses ressources :

Au sujet de cette différence importante voir les pages 81-83 du Préambule méthodologique du rapport de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église) dont le titre est Les violences sexuelles dans l’Église catholique. France 1950-2020, en particulier les paragraphes 129 et 130 :

§0129. Quelle différence entre violence sexuelle et abus sexuel ? Les violences sexuelles recouvrent les situations dans lesquelles une personne impose à une autre des actes ou des propos à caractère sexuel qui n’ont pas été sollicités. On peut regrouper sous cette expression les rapports ou tentatives de rapports sexuels forcés, les attouchements des parties intimes ou les baisers imposés, le fait de s’exhiber nu ou encore le harcèlement sexuel. L’abus sexuel précise dans quel cadre se produisent ces violences.

§0130. Le choix a été fait de recourir aux deux expressions dans ce rapport. L’enquête conduite par l’Inserm porte sur les actes de violence sexuelle commis sur des mineurs ou des religieuses dans l’Église catholique romaine. Parce que ces violences sexuelles prennent place dans un cadre relationnel établi, dans lequel une personne, en situation de pouvoir institutionnalisé par rapport à une autre, abuse de ce pouvoir en l’étendant au champ sexuel,  est employée dans ce rapport l’expression abus sexuel lorsqu’il traite spécifiquement du contexte relationnel dans lequel les violences sexuelles sont commises.

1. Audition d’Isabelle Chartier-Siben par la CIASE

Compte rendu de l’audition du docteur Isabelle Chartier-Siben,  (pour les victimes de violences sexuelles et d’abus spirituels dans l’Église)

Extraits de l’audition :

p. 7 : L’accompagnement spirituel va permettre de recevoir un regard extérieur sur son cheminement vers Dieu, c’est un garde-fou, justement pour éviter les pièges de l’orgueil et des tentations ; mais cela suppose de confier son intimité à quelqu’un d’autre. Je dirai qu’il en va de même lorsque l’on s’adresse à un thérapeute. Mais le travail du thérapeute relève du psychologique et non de la relation à Dieu. Si l’accompagnateur spirituel, au lieu de se tenir au bord du chemin et de veiller seulement aux sorties de route, s’empare de la boussole et devient le chauffeur, on est sûr de partir à la casse. L’accompagnement spirituel est donc un lieu de grande vulnérabilité pour les personnes accompagnées ; les accompagnateurs mal formés sont légion ; s’ils sont dans la toute-puissance, eux-mêmes mal accompagnés, voire mal intentionnés, on voit malheureusement ce que cela donne. Cela va jusqu’à « enfiler » des femmes comme un collier de perles, au prétexte que l’on distribue l’amour de Jésus. 

Voir aussi, sur ce site, la page consacrée à Accompagnement spirituel et psychanalyse

p. 10 : Je le dis et le répète, il ne suffit pas d’écouter les victimes, la simple écoute peut renouveler le traumatisme de manière effrayante ; il ne s’agit pas de re-victimiser les victimes. L’écoute doit être obligatoirement suivie (sauf pour les victimes qui vont bien) par un accompagnement ultra-spécialisé sachant prendre en compte et traiter la dimension du trauma psychique, de l’emprise et de la torture, car il y a pour les agressions sexuelles un bourreau ; un accompagnement qui sache aussi, pour les cas d’abus sur personnes en situation de vulnérabilité, respecter les choix qui ont été faits de recherche spirituelle, voire de consécration, choix qui peuvent conséquemment se transformer en dépit, dégoût, haine, rejet et subséquemment, en comportements addictifs et/ou hétéro ou auto-agressifs voire suicidaires

p. 13 : En conclusion, la morale individuelle et collective exige :
− que l’on quitte le cercle vicieux : silence imposé – impunité des prédateurs – non considération et non prise en charge des victimes, pour aller vers un cercle vertueux orienté vers la vérité, la prise en charge et le soin de façon efficace et scientifique ;
− que l’on cesse de parler uniquement de la souffrance des victimes, pour parler aussi de troubles et de pathologies potentiellement graves ;
− que l’on cesse de parler uniquement d’écoute des victimes, pour parler également de prise en charge globale ;
− que l’on cesse de dire que les victimes cherchent uniquement à être reconnues comme victimes, alors que ce qu’elles souhaitent d’abord, c’est que l’abuseur soit reconnu comme abuseur, celui qui n’a pas exercé ses responsabilités comme celui qui n’a rien fait, et que le bourreau soit reconnu bourreau.

 

 

2. Conférence d’Isabelle Chartier-Siben lors d’une session de la CORREF :

Intervention du 5 février 2021, lors d’une session de la CORREF (Conférence des religieux et religieuses de France), qui propose une « Cellule [d’écoute et d’aide au sujet] des dérives sectaires dans des communautés catholiques » :

 

3. Intervention d’Isabelle Chartier-Siben dans le documentaire Emprise & abus spirituels de Jean-Claude et Anne Duret (2019) :

 

 

4.  Interview d’Isabelle Chartier-Siben pour le diocèse de Lyon :

Emprise spirituelle, abus de conscience :

 

 

5. Articles du journal La Croix :

Conférences et interviews d’Isabelle Chartier-Siben :

Avec la collaboration d’Isabelle Chartier-Siben :

 

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